Accusé pour pratique de charlatanisme, Soukouta Bani libéré au bénéfice du doute

Justice / Accusé pour pratique de charlatanisme, Soukouta Bani libéré au bénéfice du doute

24-05-2018 à 15:05:22

Parakou, 24 Mai 2018 (ABP) – La deuxième affaire inscrite au rôle des assises à la Cour d’appel de Parakou  a connu ce mercredi, l’acquittement du sieur  Soukouta Bani, ayant pratiqué le charlatanisme,  en octobre 2011 à Dahounka, situé dans l’arrondissement de Kokiborou, à Banikora, au bénéfice du doute.

Inculpé pour  pratique de charlatanisme, le sieur  Soukouta Bani, âgé de 37 ans, marié et père de six (06) enfants,  a reconnu les faits mis à sa charge, mais a demande la clémence de la cour ce mercredi, pour avoir  tort.

En effet, selon le résumé des faits, le 23 septembre 2011, le nommé Abdoulaye Aboubakari a sollicité les services de Bani Soukouta, puisatier de son état, pour le forage de deux (02) puits, l’un à son domicile situé à (Dahounka) arrondissement de Kokiborou dans la commune de Banikoara et le second dans sa ferme.

Pour se faire aider dans la réalisation de l’ouvrage, Bani Soukouta a fait appel à Orou Déman qui est un charlatan reconnu dans la localité.  Deux (02) mois  environ après le forage du second puits, Bani Soukouta s’est rendu dans la ferme  d’Abdoulaye  pour verser une poudre noire que lui aurait remise le charlatan, dans le puits malgré la résistance des enfants du propriétaire qui lui ont suggéré le retour  de leur père avant de verser le produit.

Après son forfait, invité à boire l’eau du puits après y avoir versé ledit produit pour s’assurer de ce qu’il n’est pas nuisible à la santé, Bani Soukouta s’est abstenu.

Plusieurs années avant les faits, Orou Déman aurait envoûté la victime en déposant des gris-gris au domicile de ce dernier. Cette affaire aurait été réglée à l’amiable entre les familles mais malheureusement ce règlement  n’a pas abouti puisque les faits prouvent à suffire que la rancune est encore vivace.

Interpellé et inculpé de pratique de charlatanisme, seul Bani Soukouta a reconnu les faits qui lui sont reprochés à toutes les étapes de la procédure. Son co-inculpé (décédé) les a niés tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.

A la qualification des faits, le ministère public  a estimé qu’au regard des propos et des débats, l’affaire peut-être disqualifiée d’infraction de charlatanisme en tentative d’empoisonnement ou en substance nuisible. Pour constituer le dossier d’infraction,  le ministère public  s’est focalisé  sur quatre (04) éléments à savoir : Légalité, matérialité, l’intentionnalité et l’imputabilité.

La légalité suppose l’existence d’un texte légale, l’article 264-10-Alinéa2 du code pénal, puni  de 15 ans à 30 ans de travaux forcés, tandis que la matérialité suppose l’exécution du délinquant connu des actes pouvant aboutir à un résultat  donné. Parlant de l’intentionnalité, le ministère public présume que l’infraction peut-être préméditée.

Tout en relevant que l’enquête de moralité établie sur la personne de Bani Soukouta est favorable et que le sujet sain peut répondre de ses actes, le représentant  du ministère public a déclaré que l’inculpé est « méchant et ignoble ». Raison pour laquelle, il requiert à la cour de le rendre coupable à travers une condamnation de 20 ans de travaux forcés  et aux frais.  

« J’ai le sentiment que  tout ce que nous venons  de dire ici est du mensonge » a  relevé  l’avocat  Romain Dossou, au cours de la  plaidoirie. Il a reconnu la légalité et la matérialité de l’infraction mais  rejette intentionnalité.

Selon ses propos, pour constituer les faits, il faut démontrer le caractère nuisible  de ce produit. Alors il a demandé au représentant du ministère public  d’affirmer de façon présomptive que le produit  est nuisible. Tout en affirmant que c’est un dossier de  conjecture, l’avocat de la défense rejette la non existence de preuve tangible et demande l’acquittement pur et simple du client.

En délibérant, la cour a déclaré non coupable sieur Soukouta Bani de pratique de charlatanisme. Des faits punis par les articles 360 à 363  du code pénal. En détention préventive  depuis le 10 octobre 2011, Soukouta Bani retrouve immédiatement sa liberté.

La Cour est composée du président Gomina Séïdou Abou-Moumouni, des assesseurs Mathieu Kakpo Assogba et Arlen Dossa-Avocè, M. Pafait Papé Léon Yèhouénou a représenté le ministère  public, et Me Serge François Nougbodohoué pour la plume.


ABP/RAD/AE

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