Albert Gbagbé écope de dix ans de travaux forcés pour l’assassinat de sa collègue

Justice / Albert Gbagbé écope de dix ans de travaux forcés pour l’assassinat de sa collègue

20-07-2018 à 18:07:45

Cotonou, 20 juil. 2018 (ABP)- La Cour d’assises de Cotonou a condamné le nommé Albert Gbagbé (agent d’entretien) à dix ans de travaux forcés pour avoir commis un homicide volontaire avec préméditation sur sa collègue dame Jacqueline Ahouangbévi (réceptionniste), à l’auberge « La Cité » au quartier Achoubi à Kétou, le dimanche 19 mars 2012.

Le dimanche 19 février 2012, l’accusé Albert Gbagbé a demandé à ses collègues la position de sa victime, Jacqueline Ahouangbévi, réceptionniste à l’auberge. Ne l’ayant pas vue, tout le personnel s’est aussitôt mis à sa recherche. Le corps de Jacqueline Ahouangbévi, inanimé, emballé dans un drap de lit et gisant dans une mare de sang a été retrouvé dans la chambre n°3 sise à l’étage de l’auberge.

La dépouille présentait une blessure profonde à la poitrine, au-dessus du sein droit. L’autopsie du corps a révélé qu’elle a été l’œuvre d’un coup de feu tiré à bout portant justifiant la présence de vingt billes métalliques dans la cage thoracique de la victime.

Les soupçons se sont portés sur l’accusé Albert Gbagbé qui, spontanément, a déclaré avoir vu Jacqueline Ahouangbévi le matin des faits, installer amoureusement un client de nationalité nigériane, habitué des lieux dans l’une des chambres de l’auberge.

Sa déclaration a été contestée par le reste du personnel de la structure. Les investigations ont permis de découvrir que le dernier appel reçu par la victime provenait du téléphone portable de l’accusé.

Interpellé et inculpé d’assassinat, Albert Gbagbé a nié les faits à toutes les étapes de la procédure.

Le rapport de l’expertise médico-psychiatrique et psychologique révèle que l’accusé disposait de toutes ses facultés au moment des faits. Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Par ailleurs, l’enquête de moralité lui est favorable.

Aujourd’hui à la barre et devant la Cour, l’accusé a encore nié les faits de crime d’assassinat mis à sa charge. Il a reconnu être à l’auberge et avoir vu Jacqueline Ahouangbévi monter à l’étage amoureusement accompagnée d’un client nigérian, habitué des lieux. Il a aussi précisé avoir appelé Jacqueline Ahouangbévi sur son portable vers 11 heures lorsque l’absence prolongée de cette dernière a commencé à l’inquiéter. L’accusé a ajouté que cette situation l’a amené à alerter les autres agents dont le gérant de l’auberge, Yaya Akadiri qu’il a conduit à la chambre n° 3 qu’il prétend abriter les amoureux où ils ont ensemble découvert le corps de Jacqueline Ahouangbévi après avoir ouvert la porte avec la clé supplémentaire. Il a déclaré n’avoir pas entendu le coup de feu donnant la mort à la réceptionniste Jacqueline Ahouangbévi.

Hors, selon dame Ogoubiyi Afoussath habitant dans une maison à proximité de l’auberge, c’est vers 11 heures qu’elle a entendu un coup de feu dans l’auberge. Pour la manifestation de la vérité, plusieurs questions ont été posées à l’accusé par Madame le président de la Cour, Eliane Guézo-Noutaïs, par le Ministère public, représenté par Robert Dadaglo et par le conseil de l’accusé, Me Gabriel Dossou. Au cours de l’instruction, l’accusé s’est mis à raconter un extrait de sa vie douloureuse. Ce qui l’a conduit à fondre en larmes et à pleurer pendant un moment avant de se voir interrompre par Madame le président de la Cour.

Prenant la parole pour ses réquisitions, le Ministère public a laissé entendre que dans une situation d’assassinat, la recherche de l’auteur devient obligatoire. Il a souligné qu’au début de la recherche, l’accusé a habilement orienté l’enquête en citant le nigérian, Amouda Issouf. Mais ce dernier touché par les enquêteurs, a décliné cette responsabilité et les investigations qui ont été faites par la suite ont conduit à retenir Albert Gbagbé comme l’auteur du crime. Le Ministère public, après avoir défini ce que c’est que l’assassinat et s’être appesanti sur les témoignages et des indices concordants, a demandé à la Cour de le retenir dans les liens de l’accusation de crime d’assassinat et de le condamner à vingt ans de travaux forcés.

Me Gabriel Dossou, pour défendre l’accusé, s’est attaqué au Ministère public qui estime que l’accusé a commis un homicide volontaire avec préméditation. Pour la défense, le Ministère public n’a pas pu démontrer la préméditation qui, selon lui, n’existe pas. Il va plus loin pour dire que l’infraction n’est pas constituée. Il fait aussi remarquer à la Cour qu’il n’y a pas au dossier l’expertise balistique. C’est au moyen de toutes ces failles qu’il a demandé à la Cour d’acquitter son client au bénéfice du doute ou de faire bénéficier à ce dernier la peine de principe.

La Cour en délibérant, a déclaré Albert Gbagbé coupable d’avoir commis un homicide volontaire avec préméditation ou avec guet-apens sur Jacqueline Ahouangbévi et l’a condamné à dix ans de travaux forcés.

Incarcéré le 23 avril 2012, l’accusé a été reconduit en prison pour purger le reste de sa peine qui s’étend sur un peu moins de quatre ans.

A noter que le père de la victime, venu à ce procès, s’est constitué partie civile et tentant de se faire allouer la somme de cinq millions de francs CFA pour payer les frais d’obsèques et pour la réparation des préjudices moraux et physiques causés, s’est vu débouter sur le fond de sa demande par la Cour et, ainsi, pour absence de pièces justificatives.

Madame Eliane Guézo-Noutaïs a présidé cette Cour qui a connu du 4ème dossier inscrit au rôle provisoire de la session supplémentaire de l’année 2018. Elle avait Jules Chabi Mouka et Amzath Gauthe comme assesseurs. Robert Dadaglo a représenté le Ministère public et Me Louis Houngbo a tenu la plume.


ABP/JMN/JFH

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