Condamné pour crime de séquestration et de traite d’enfant, Emile Madjronon écope de dix ans de réclusion criminelle

Justice / Condamné pour crime de séquestration et de traite d’enfant, Emile Madjronon écope de dix ans de réclusion criminelle

17-04-2018 à 21:04:50

Cotonou, 17 Avr. (ABP)- La cour d’assises de Cotonou, statuant ce mardi sur le onzième (11ème) dossier inscrit au rôle de sa première session de l’année, a condamné Emile Madjronon, cultivateur, né vers 1983, de nationalité béninoise, pour avoir commis en 2007 à Zè, le crime de séquestration et de traite d’enfant sur la fillette Sèlimatou M., âgée de quatorze (14) ans.

Les faits reprochés à l’accusé remontent au 18 novembre 2007 dans la commune de Zè où la fillette Sèlimatou M., alors âgée de quatorze (14) ans, a fugué du domicile de sa cousine Moïbatou Lemonfa.

Sur son chemin, elle a croisé un jeune homme nommé Hounsinou William en fuite qui lui a promis de l’aider. Ainsi, il l’a conduite dans une maison sise à Godomey où il l’a déposée en lui demandant de répondre à tout curieux qu’elle est sa sœur.

Il est revenu la trouver vers 20 heures accompagné de deux (02) autres jeunes dont le nommé Emile Madjronon à qui il a remis la fillette en mariage contre la somme de quarante-mille (40.000) francs CFA qu’il a perçue.

Le nommé Emile Madjronon, qui avait déjà une femme et cinq enfants, a donc emmené la fillette dans son village à Hêkanmè, dans la commune de Zè où il l’a gardée pendant cinq (5) ans sans informer les parents qui avaient lancé des avis de recherche dans la presse et par d’autres moyens au Bénin et au Togo.

Retrouvée en 2012, Sèlimatou était déjà mère de deux (02) enfants garçons, issus des œuvres du nommé Emile Madjronon. Appréhendé et poursuivi pour séquestration et traite d’enfant, le nommé Emile Madjronon a reconnu les faits à lui reprochés à toutes les étapes de la procédure. L’accusé se dit avoir été condamné une fois pour vol de motocyclette. Toutefois, l’enquête de moralité lui est favorable. Il n’était pas dément au moment des faits.      

A la barre, l’accusé Emile Madjronon a reconnu les faits de séquestration et de traite d’enfant qui lui sont reprochés. « Je reconnais avoir séquestré la fillette Sèlimatou M. pendant cinq (05) ans et l’avoir eu en échange en remettant la somme de quarante-mille (40.000) francs CFA  à William Hounsinou », a indiqué l’accusé à la cour.

« Je ne suis pas allé connaître les parents de la fille et chaque fois qu’elle me déclarait son envie d’aller les voir, je lui disais de m’accorder le temps de trouver l’argent nécessaire pour l’amener. Une promesse que je n’ai pas pu honorer », a-t-il aussi signifié avant de reconnaître avoir mal agi. Toutefois, l’accusé soutient que Sèlimatou M. est pour lui une épouse et qu’il n’a jamais battue et qu’elle est libre de tout mouvement. Des allégations rejetées par la jeune Sèlimatou qui révèle avoir été victime de mauvais traitements et d’humiliations. « Il m’a battu trois (03) fois, entretenu des rapports forcés contre mon gré. Sa première femme m’exposait à la dérision en me traitant de fille prostituée de Cotonou que je j’indisposais les voisins par mes cris au cours des rapports sexuels », a-t-elle expliqué à la cour.

Dans son réquisitoire, Mme Marie José Patinvo du ministère public a souligné que les éléments constitutifs des infractions de séquestration et de traite d’enfant sont suffisamment réunis. Elle a ajouté que l’accusé a agi avec conscience demandant à la cour de retenir l’accusé dans les liens des chefs d’accusation aggravées de séquestration et de traite d’enfant et de le condamner à vingt (20) ans de travaux forcés.

Me Aziz Koladé Onifadé de la défense, reconnait que les faits sont certes constitués mais fait observer que la victime est l’épouse de l’accusé. Pour lui, en remettant les quarante-mille (40.000) francs CFA, c’est qu’il payait ainsi la dot et non un objet. « Condamner sévèrement mon client, reviendrait à continuer à entretenir l’injustice », a clamé Me Aziz Koladé Onifadé qui plaide la clémence et demande ensuite à la cour de penser à l’avenir des enfants en infligeant à l’accusé une peine égale au temps déjà passé en détention.

La cour délibérant a déclaré Emile Madjronon, coupable de crime de séquestration et de traite d’enfant sur la fillette Sèlimatou M. et l’a condamné à dix (10) ans de réclusion criminelle.

L’accusé mis en détention préventive le 21 mai 2013, retourne en prison pour purger les cinq (05) ans de peine restante.

Quant au procès civil, la cour a accédé à la demande de Michel Romaric Azalou, magistrat, tuteur de la victime au moment des faits, de se constituer partie civile et a condamné l’accusé à payer le franc symbolique requis. 

Soulignons que la victime Sèlimatou M. et ses parents (son père et sa mère) ne se sont pas constitués partie civile. Ils ont déclaré à la cour qu’ils remettent tout à Dieu mais qu’ils laissent le soin à la cour d’infliger la peine exemplaire à l’accusé.

La cour était composée de Christophe Atinmakan (président), des assesseurs Ismaël Sanoussi et Martial Boko. Me Louis Houngbo a tenu la plume.


ABP/JMN/DKJ
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