Coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires, Gaïsso Djida condamné à 10 ans de réclusion criminelle

Justice / Coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires, Gaïsso Djida condamné à 10 ans de réclusion criminelle

09-08-2019 à 06:08:01

Parakou, 08 Août (ABP) - Le tribunal présidé par Ignace Adigbli, dans la cinquième affaire inscrite au rôle de la première session de 2019 du tribunal de première instance de première classe de Parakou, a déclaré le sieur Gaïsso Djida, coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires, sur la personne de Sambo Bio, et le condamne à la peine 10 ans de réclusion criminelle, au terme du jugement du lundi 05 août dernier. 

Sous mandat de dépôt le 07 octobre 2013, l’accusé Gaïsso Djida (âgé de 30 ans), cultivateur de profession, est déclaré coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires, sur la personne de Sambo Bio, et  condamné à la peine 10 ans de réclusion criminelle.  

Ce verdict du tribunal présidé par Ignace Adigbli oblige l’inculpé Gaïsso Djida à retourner en milieu carcéral pour purger le reste de sa peine.

Les faits remontent, en effet le jeudi 3 octobre 2013.  Au camp peulh Hounsana, dans le village Néganzi, arrondissement de Basso, commune de Kalalé, Gaïsso Djida, Sambo Bio et Djida Bio se sont rendu au champ pour le piochage. 

A 13 heures, ils ont observé une pause. C’est alors que Gaïsso Djida demanda une baguette de cigarette à Sambo Bio qui refusa pour la troisième fois. Face à ce refus, Gaïsso Djida énervé, asséna deux coups de coupe-coupe à l’abdomen et aux fesses de Sambo Bio qui rendit l’âme.

Djida Bio qui voulait les séparer a également reçu deux coups de coupe-coupe de sa part. Interpelé et inculpé du chef de coup mortel et de coups et blessures volontaires, Gaïsso Djida a reconnu les faits à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur.

A la barre, le lundi 5 août dernier, l’accusé Gaïsso Djida a développé une autre logique. Ce qui a fait que les membres du tribunal ont eu du mal à le comprendre sur certains aspects du dossier.

Dans ses déclarations, l’accusé a confié qu’il avait l’intention de s’enfuir, mais les conditions dans lesquelles les choses se sont passées, l’ont empêché. « J’étais en colère, mais pas animé d’un esprit de bagarre, sinon je n’allais pas accepter de les suivre pour aller travailler avec eux. J’ai envoyé les coups sans viser des parties du corps », a poursuivi l’accusé, sous les diverses interrogations venant  du président Ignace Adigbli, de l’avocat général, Bachirou Assoumou Amadou et de son avocat-conseil, Générick Ahouangonou.

Dans ses réquisitions, le représentant du ministère public, Bachirou Assouma Amadou, a fait noter que ces  faits  sont condamnés par les dispositions des articles 309 alinéas 4 et 311 alinéas 1 de l’ancien Code pénale.

Par rapport à l’élément matériel de l’infraction du coup mortel, il réside, selon ses propos, aux coups portés par Gaïsso Djida à la victime qui est une personne qui était bien portante. Etablissant le lien de causalité, il a expliqué que le décès de Djida Bio est dû aux coups qu’il a reçus.

 « L’accusé n’a pas voulu la mort de la victime et n’a pas visé des parties de son corps. Mais il est évident que la victime est décédée sur le champ des suites des coups reçus », insistera-t-il. « Je n’ai pas fait de cadeau à Djida Bio qui voulait nous séparer », fait-il remarquer, s’agissant de l’infraction des coups et blessures volontaires commise sur lui.

Pour Bachirou Assouma Amadou, les faits reprochés à l’accusé répondent aux infractions de coups mortels et de coups et blessures volontaires. « Il en est donc l’auteur », soutiendra-t-il, tout en reconnaissant que son bulletin N°1 du casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure au moment des faits et que l’enquête de moralité lui est favorable.

Selon le rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique, l’accusé ne souffre d’aucun trouble pouvant abolir le contrôle de ses actes au moment des faits. Selon lui, Gaïsso Djida est donc responsable et accessible à la sanction pénale.  Il exclut toute circonstance atténuante à son endroit, même s’il est un consommateur invétéré et reconnu de cigarettes et de produits psychotropes.

 Au bénéfice de ses observations, Bachirou Assouma Amadou exhorte  le tribunal à faire application des dispositions des articles 509 alinéas 5du nouveau Code pénal et 311 alinéas 1 de l’ancien Code pénal, en lui infligeant 8 ans de réclusion criminelle.

« Nous ne connaissons qu’une seule passion, celle de la vérité et celle de la justice », a averti l’avocat-conseil de l’accusé, Me Générick Ahouangonou, tout en compatissant à la douleur de la famille de la victime.

 Il a souhaité que la décision du tribunal ramène son client au milieu des bonnes gens de la communauté. Mais avant, il a déploré que le ministère public n’ait pas intégré la pulsion qui s’est emparée de Gaïsso Djida au moment de la commission de l’acte, c’est-à-dire la colère qui l’a pris sous l’effet du Tramadol.

Il estime être resté sur sa faim, après avoir pris connaissance du rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique de son client. « Si ce n’est pas l’enquête préliminaire, il ne nous indique pas la raison pour laquelle Gaïsso Djida a agi ainsi. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Il n’avait aucun sens du discernement », a-t-il assuré, en invitant le tribunal à faire une plus douce application de la loi.

Mais contre toute attente, le tribunal ne suivra pas aussi bien le ministère public que l’avocat de l’accusé, dans leurs propositions. Ainsi, Gaïsso Djida a encore plus de 4 ans à passer derrière les barreaux, à regretter son acte.

Mais contre toute attente, le tribunal n’a  pas suivi  aussi bien le ministère public que l’avocat de l’accusé, dans leurs propositions. Il a ainsi décidé, de déclarer le sieur Gaïsso Djida coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires, sur la personne de Sambo Bio, et le condamne à la peine 10 ans de réclusion criminelle.




ABP/RAD/MS

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