Cour d’assises : Denis Aïou condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour pratiques de charlatanisme et magie

Cour d’assises : Denis Aïou condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour pratiques de charlatanisme et magie

Par: Jean-Marie NAFONHUNDE
12-04-2018

Cotonou, 11 Avr. (ABP)- Jugé ce mercredi pour le compte du 7ème dossier inscrit au rôle de la première session de l’année 2018 de la cour d’assises de Cotonou, Denis Aïou, béninois, âgé de trente (36) ans, électricien–bâtiment et célibataire, a écopé de cinq (05) ans de réclusion criminelle pour s’être livré le 29 juillet 2013 à Ayahonou de l’arrondissement de Sey dans la commune de Toffo, à des pratiques de charlatanisme et de magie ou de sorcellerie sur demoiselle Elise Montcho.

Le mardi 23 juillet 2013 à Ayahonou, dans l’arrondissement de Sey, commune de Toffo, mademoiselle Elise Montcho, apprentie couturière, âgée de 17 ans et demeurant à Cotonou, s’est rendue à Sey dans son village natal pour les cérémonies d’inhumation de son feu père.

Elle a rencontré au marché de Sey, monsieur Denis Aïou, tradi-praticien, qui lui a fait des avances et une proposition d’invitation. N’étant pas intéressée, mademoiselle Elise Montcho a refusé l’invitation. Sur son offre, monsieur Denis Aïou a été sollicité par la famille du défunt contre une somme de sept mille (7.000) francs CFA, pour empêcher la pluie de tomber pendant les cérémonies.

Profitant de cette invitation, monsieur Denis Aïou a pris la résolution de nuire à la santé de mademoiselle Elise Montcho afin de l’épouser. Le lundi 29 juillet 2013 aux environs de quatre (04) heures du matin, monsieur Denis Aïou se pointe à côté de la chambre où mademoiselle Elise Montcho à l’habitude de passer la nuit, a fait plusieurs tours de la chambre, son frère aîné monsieur Edouard Montcho a reçu le coup et est tombé évanoui.

Il ne s’est retrouvé que quatre (04) jours plus tard dans le lit d’hôpital. Interpellé et inculpé pour les faits de pratiques de charlatanisme, monsieur Denis Aïou a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le Juge d’instruction.

Au sujet des conclusions des pièces versées au dossier, il ressort que le bulletin n°1 du casier judiciaire de l’accusé ne fait mention d’aucune condamnation. Il ne présentait aucun trouble mental au moment des faits selon l’expert des examens psychiatrique et psychologique. L’’enquête de moralité lui est favorable.

Présenté à la barre ce mercredi, l’accusé Denis Aïou reconnait les faits de pratiques de charlatanisme et de magie ou de sorcellerie.

Se fondant sur cet aveu, le ministère public représenté par Christian Atayi, a démontré que les éléments légal, matériel, moral ou intentionnel sont réunis dans le cas d’espèce.

« Le sieur Denis Aïou peut entrer en condamnation et est accessible à la peine pénale parce qu’il est dit qu’il ne souffrait d’aucun trouble mental au moment des faits », a soutenu Christian Atayi qui invite la cour à condamner l’accusé à dix (10) ans de réclusion criminelle en lui faisant bénéficier de certaines circonstances atténuantes.

Cet argumentaire ne convainc pas la défense qui demande s’il peut être prouvé que les incantations prononcées ont véritablement entraîné des conséquences sur la victime Edouard Montcho. « Puisque ce lien ne peut être formellement établi, un doute s’installe. Et par conséquent, ce doute existant ne peut que profiter à l’accusé », soutient pour sa part la défense assurée par Me Rufin Bahini.

Les autres points soulevés par la défense sont relatifs à l’inexistence de certificat médical au dossier et un certain nombre de contradictions entre des procès-verbaux et des déclarations faites à la barre ce mercredi par les personnes contactées pour l’enquête de moralité, qui ont presque tous déclaré que l’accusé souffre de troubles mentaux et qu’il a plusieurs fois eu des crises mentales. Ce qui n’est pas mentionné dans le rapport de l’expert psychiatre et psychologue.

Au vue de ces éléments notés dans le dossier, Me Rufin Bahini a demandé que son client soit acquitté au bénéfice du doute.

Revenant à la charge, Christian Atayi du ministère public appelle la cour à ne pas se fier à de simples déclarations d'individus mais plutôt à la conclusion de l’expert psychiatre et psychologue qui a révélé que l’accusé ne souffre d’aucun trouble mental au moment des faits.

« Ces personnes interrogées lors de l’enquête de moralité de l’accusé n’exercent pas le métier de psychanalyse et de psychologie et donc leurs conclusions ne sont pas celles qui sont bien indiquées à prendre en compte », renchérit le ministère public.

La défense prenant à nouveau la parole, a soutenu que les conclusions d’une enquête de moralité sont d’une importance dans le jugement d’un accusé. « C’est pourquoi il fait partie des pièces versées au dossier de tout accusé », fait-elle observer.

Soulignons que la victime ne s’est pas constituée partie civile.

La cour, dans son verdict, a déclaré que Denis Aïou, en prononçant sur le fétiche « Gambala » le nom de mademoiselle Elise Montcho, est coupable de pratiques de charlatanisme et de magie ou de sorcellerie. Elle condamne par conséquent l'accusé à cinq (05) ans de réclusion criminelle.

Denis Aïou retourne en prison pour passer environ quatre (04) mois car sa date de mise en détention est le 31 juillet 2013.            

La cour est composée de Marie Soudé-Godonou (Président), des assesseurs Christophe Atinmakan et Victor Fatindé (assesseurs). Me Louis Houngbo a assuré la mémoire.


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