Les artistes-musiciens de la Donga exhortent les pouvoirs d’Etats à mieux les accompagner dans leurs productions

Les artistes-musiciens de la Donga exhortent les pouvoirs d’Etats à mieux les accompagner dans leurs productions

Par: Boni N'yô SINASSON
30-11-2018

Djougou, 29 Nov.2018 (ABP)-Dans le but de se faire entendre et revaloriser leurs œuvres d’esprits, les artistes-musiciens locaux de Djougou et de Ouaké, dans le département de la Donga ont, dans une entrevue avec le correspondant de l’ABP, abordés la situation de précarité  dans laquelle ils vivent et ont exhorté tous les pouvoirs d’Etat ainsi que les personnes de bonnes volontés à mieux les accompagner dans leurs métiers d’artistes.

 Un dossier réalisé par Boni N’Yô SINASSON


La musique nourrit-elle son homme ?

Alias Touré 1er, est  âgé de 46 ans et vivant à Djougou. De son vrai nom Alassane Touré Nazib est membre de l’association culturelle ‘’vestibules des Yokula’’. 23 ans de carrière, il affirme avoir été révélé au public par  son morceau chanté en langue nationale Dendi. Dans cette chanson, il parle de l’Afrique et de l’Africain, a-t-il dit. Selon lui, le manque de valorisation à fond de ses œuvres dans les chaines de radios et de télévisions nationales, fait qu’il ne peut pas pleinement vivre de son métier. Pire, s’indigne-t-il, les artistes invités de l’extérieur par les politiciens et ou organisateurs d’un évènement, sont mieux payés qu’eux. Il poursuit en ces termes : « Quand tu leur parles d’un contrat, c’est comme si tu es un démon ». Pour survivre, «  il faut avoir une autre corde à son arc pour pouvoir joindre les deux bouts », a laissé entendre Touré 1er.

A l’Etat civil Sadou Maman Koudousse, Alias SK YOKULA, lui c’est son nom d’artiste. Le chant qui l’a le plus révélé, confie-t-il, c’est  celui chanté en Dendi : ‘’Atchibilé’ ’. Démarré la musique ensemble avec Touré 1er   depuis 23 ans, SK Yokula pense qu’il est impérieux  que les politiciens changent  les en aidant à émerger. Agé de 45 ans, arrangeur du studio et  président de l’association culturelle ‘’Vestibule des Yokula’’, le manque d’accompagnement fait que cet artiste se trouve dans le bricolage. Il est obligé parfois de tisser d’autres relations ou activités pour survivre, a –t-il fait savoir pitoyablement.

Agé de 54 ans, l’autre artiste local fortuitement rencontré, c’est bien Alfred Yaka, Alias Kadya Mabéi. Il a pour sa part fait savoir que l’artiste travaille tous jours dans tous les lieux, et par conséquent, a besoin d’un accompagnement de taille dans des structures bien organisées.

 « Actuellement au Bénin, nous n’en avons pas ces structures ; parce que les artistes s’autoproduisent et ils distribuent eux-mêmes leurs produits », a-t-il remarqué avant de pointer du doigt comme cause, le manque de sponsors  à leur endroit. La situation, pense-t-il, est même criarde dans le Nord-Bénin. « Dans le septentrion, l’on pense que l’artiste prend un magnétophone et va s’asseoir pour enregistrer directement sa musique », a évoqué M. Yaka.

Cet artiste-musicien dit être dans le monde culturel béninois depuis 1992, avant d’ajouter que  ce n’est pas facile surtout dans sa région à Djougou. Le morceau qui a principalement révélé cet artiste local est celui ayant pour titre : ‘’Gnanwa’ ’. Dans ce chef-d’œuvre, Yaka a parlé de l’exode rural et de l’immigration et a exhorté la jeunesse à se donner à la production agricole. « Depuis ce temps, je n’ai sorti qu’un seul album en audio à cause du manque de moyens », s’est-il résigné. Selon ses propos, au départ, il était optimiste et avait sérieusement investi pour la sortie intégrale (audio et vidéo) de cet album. Malgré la résignation et le découragement, l’artiste Yaka pense ne jamais baisser la garde, car pour lui, la musique est son monde. « Même actuellement, je peux dire que c’est de la musique que je vis ; parce que je ne fais que ça en plein temps », a-t-il voué expressément. Malheureusement, informe-t-on, un artiste par exemple peut mettre toute une année sans toucher au micro pour prester une fois.

Le quatrième joint au téléphone, c’est Abdou Karimou, Alias Ramdane Dj Cocoroco Mazini. Artiste-musicien polyglotte dit pouvoir  chanter en 18 langues différentes du Bénin. Il  a été révélé courant 2008-2009 grâce à son morceau intitulé ‘’Yayé-Yayé’’ chanté en langue Fodo et qui rend hommage aux sages.

Agé de 33 ans  et originaire de Sèmèrè, dans la commune de Ouaké, il affirme avoir commencé la musique depuis 2003. Il a aussi fait siennes, toutes les difficultés sus-évoquées par ses prédécesseurs. Le jeune artiste affirme ne pas pouvoir vivre de son art et pour cause, «il faut beaucoup se battre pour se faire une place au soleil, car au Bénin, la carrière musicale n’est pas amusante.». Confronté à assez de difficultés dans son métier par manque de moyens pourtant Dj Cocoroco Mazini nourrit l’ambition de devenir un jour une star de la musique béninoise à l’international.


Qui pour la promotion des œuvres musicales locales au Bénin ?

 La promotion aujourd’hui, c’est nos radios et télévisions, dira Touré 1er. Pour lui, même si aujourd’hui, la population doit adapter la musique locale et pour que les autorités puissent reconnaitre les artistes locaux  afin  qu’ils puissent vivre de leur art, ce sont les médias. Sur ce, il a plaidé pour que l’Etat prenne en compte beaucoup, la chose artistique. 

Alfred Yaka a, dans son argumentaire aussi reconnu les mérites du ‘’quatrième pouvoir’’. A l’en croire, si aujourd’hui un artiste sort une musique , même si elle n’est pas bonne, et qu’elle est jouée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans les chaines de radios et télés, les gens sont obligés de l’aimer et la consommer. A cet effet, il a demandé aux hommes de médias à mettre la main dans la pâte en organisant des émissions culturelles dans l’optique de révéler les artistes musiciens locaux  aux populations.

Par ailleurs, Kadya Mabéi a aussi invité l’Etat à s’impliquer profondément dans la promotion des œuvres musicales locales. « Nous n’avons que nos arts à vendre et il faut que l’Etat s’y mette profondément», a-t-il certifié. Toutefois, confie-t-il, avec ce gouvernement actuel (ndlr de Patrice Talon), les choses vont y prendre, car pour lui, la culture, l’art, la chorégraphie, la musique, etc. seront bientôt enseignés dans les écoles, collèges et lycées.  Kadya Mabéi pense que si l’Etat pouvait aller dans ce sens, les artistes auront une formation à la base et  la chose artistique peut prendre. Abdou Karimou  pour conclure, pense que les journalistes et l’Etat ont un grand rôle à jouer  dans  la promotion des artistes-musiciens locaux.


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