UFADD: Des femmes amazones face aux défis d’autonomisation de la gent féminine à  Abomey

UFADD: Des femmes amazones face aux défis d’autonomisation de la gent féminine à Abomey

Par: Isidore ATINDEYETIN
22-08-2017

Pour l’autonomisation des femmes, l’Union des femmes amazones pour la démocratie et le développement (UFADD), qui a signé sa naissance depuis l’an 2000, fédère 56 différentes associations de femmes productrices et transformatrices dans l’agro-alimentaire, dans le but de faire gagner à environ 672 femmes mères d’enfants, à raison de douze (12) femmes par association leur quotidien.

Situé au quartier Djègbé, derrière le temple de culte endogène « Houémou » à Abomey, le siège de UFADD-ONG est très animé par des hommes et surtout un grand nombre de femmes qui s’y installent pour la fabrication ou la transformation des produits de première nécessité (produits agroalimentaires). On y trouve des ateliers de fabrication de gari (farine de manioc), de galettes « Kluiklui ou Azin-ganvi », de plusieurs sortes de savons, l’huile de palme, la pâte alimentaire identitaire de la région du plateau d’Abomey « Lio ».

Mme Justine Tchahounka Dahouè, présidente du groupement « Enangnon » de Gbèkon-Houégbo, transformatrice de soja en fromage, en lait en poudre, en viande de soja, et en yaourt, se prête volontiers à nos préoccupations. Elle entonne toute enthousiaste un chant motivateur de la troupe féminine, repris en chœur par la cohorte pourtant affairée, les unes remuant avec de larges spatules, le gari en cuisson sur plusieurs foyers, les autres malaxant des composantes chimiques pour la fabrication des savons.

« Nous sommes des femmes battantes, comme vous le constatez, et comme le traduit d’ailleurs notre chanson. On n’attend pas forcément le mari avant d’apporter les premiers soins dans le ménage », a dit avec fierté Mme Justine Tchahounka Dahouè, les yeux quelque peu larmoyants à cause de la fumée qui sortait des foyers. « Pour produire et vendre, nous cotisons nous mêmes de l’argent. Par exemple, pour la transformation des produits dérivés du soja, il faut le soja, une marmite, des bassines et de l’eau, pour mouler le soja », explique dame Justice Tchahounka, présentant les instruments qui entrent dans la transformation du produit.

Mais tous ces outils de travail ne sont pas à la portée de ces femmes. Elles sont contraintes d’aller vers des personnes extérieures à leur creuset, pour la location des presseuses, rameuses et autres machines à moudre.

Par semaine, les femmes amazones de l’UFADD transforment entre 75 et 100 kg de soja ; pour la pâte alimentaire « Lio », un groupement fabrique au moins 150 kg de Lio par semaine. Elles écoulent leurs produits dans les marchés du plateau d’Abomey, principalement les marchés Houndjlo et Gbèdagba.

Les savons de lessive, de toilette et de ménage « kohoungui » fabriqués par ces femmes sont à base de beurre de karité. Ce sont des savons antiseptiques. Cette gamme de produits provenant de l’UFADD est très appréciée pour ses vertus médicinales et vendue comme de petits bouts de pain même à domicile chez les femmes adhérentes.

Pour fabriquer les savons de toilette, les amazones de l’UFADD dépensent au minimum 150 mille F CFA dans la soude et autres ingrédients. Avec un sac de soude, elles parviennent à fabriquer plus de cent (100) morceaux de savon de toilette, pour un bénéfice entre 30 mille et 40 mille F CFA. Mais le savon de ménage Kohoungui n’est pas autant rentable. A ce niveau, elles arrivent à faire un bénéfice de 12 mille à 15 mille F CFA, pour les mêmes dépenses effectuées que dans le cas de savon de toilette.

L’activité qui permet à ces femmes de survivre avec leur petite famille demeure la préparation et la vente du Lio, puisqu’elles s’en sortent pour nourrir leurs enfants.

Après la vente d’un sac de jute de cette denrée (Lio) pesant 150 Kg, ces femmes réalisent des bénéfices entre 2.000 et 3.500 F CFA, alors que la livraison est faite trois fois au moins par semaine dans le marché Houndjlo par chaque groupement.

UFADD :  Un exemple de leadership féminin

Toutes les ressources engrangées sur les différents produits sont recentrées dans une seule caisse au siège de l’Union. La méthode de l’unicité de caisse permet à l’équipe dirigeante de contrôler et de suivre les entrées et sorties des fonds. Un bureau de trois membres, une présidente, une secrétaire et une trésorière, joue le rôle administratif et coordonne les actions au niveau de chacune des 56 associations qui composent l’UFADD. Les membres de ces bureaux sont chacun rattachés à l’équipe dirigeante de l’UFADD, qui a la même ossature.

Chaque semaine, après les différentes ventes, chacune des femmes membres de l’UFADD reçoit des commissions. Les fruits issus de la vente des différents produits sont redistribués, la troupe d’Amazones s’en délecte donc et vit de ses efforts.

« Par rapport à la gestion, quand je prends l’exemple du savon, après préparation, nous divisons l’ensemble des produits par le nombre de femmes et le bénéfice est identique chez tout le monde », a précisé Mme Ghislaine Gomez, une transformatrice.

Très organisés, ces femmes tiennent des séances de conseils pratiques pour mieux s’occuper de leurs ménages, parallèlement aux activités qu’elles mènent.

« Tu dois t’occuper de ton mari, l’informer des rencontres de l’UFADD, t’occuper de tes enfants et enfin t’occuper de ton argent. C’est ce que nous apprenons aux femmes dans les groupements. On est membre du mouvement quand on respecte son mari et quand on est femme au foyer », renseigne une autre femme transformatrice, au travail. Tout n’est pas consommé en termes de revenus au sein de ce regroupement de femmes. Il y a la branche de l’épargne et une caisse de solidarité créée pour venir en aide aux membres adhérentes en cas de difficultés. Un aspect de la solidarité qui maintient le lien et soude l’amitié, raison de l’engagement de chacune des femmes, dans l’espoir que les premiers secours ne manqueront pas, au moment opportun où le mal ou un incident de parcours surviendrait.

Des amazones  face aux défis d’affirmation professionnelle

Malgré leur détermination, ces braves femmes sont confrontées à des difficultés pour s’affirmer professionnellement dans le secteur de l’agroalimentaire.

Elles manquent d’équipements, des appareils comme celui-là qui permet de mesurer la soude, des gants appropriés pour la manipulation du produit caustique, la machine d’estampillage pour donner la forme voulue aux savons, des appareils frigorifiques pour congeler certains produits, le yaourt dérivé du soja par exemple.

L’achat d’une presseuse pour déshydrater le soja mis en sac a coûté plus de 200 mille F CFA aux groupements, et a pesé sur l’économie des femmes amazones, ont-elles fait savoir.

La question de la formation des femmes productrices et transformatrices se pose à tous les niveaux de la chaine de fabrication, de même que la question de la prise en charge sanitaire.

D’ailleurs, la transformatrice Ghislaine Gomez a raconté que, selon son médecin à elle, la santé de la reproduction d’une femme (problème de conception) qui prépare du savon, et qui est au contact de la soude, risque de prendre un coup, si les dispositions appropriées ne sont pas prises.

Les difficultés sont là, mais les femmes transformatrices de l’UFADD désirent élargir leurs activités à la pisciculture, l’élevage des ovins et des bovins, et le jardinage.

Et pour le faire, il faut du matériel, la réalisation des forages sur des sites appropriés. Un projet sur lequel travaille l’équipe dirigeante de l’UFADD ; raison pour laquelle ses membres sollicitent le gouvernement à travers le ministère en charge des affaires sociales, et toutes les structures compétentes dans ce domaine, ainsi que toute personne de bonne volonté.

« Nous comptons sur nos propres forces et si on nous appuyait, je vous rassure qu’on fera de bonnes œuvres pour l’épanouissement de la gent féminine », lancent en maître mot tel un slogan, les responsables d’associations de femmes regroupées au sein de l’UFADD.


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