Un an après le drame, les victimes d’Avamè toujours sous le choc

Un an après le drame, les victimes d’Avamè toujours sous le choc

Par: Rodéric DEDEGNONHOU
06-09-2017

« Difficile de se reconstruire après avoir vécu ce drame », témoigne dame Emilienne Dossou, victime de l’explosion survenue lors de l’incinération des produits avariés dans l’arrondissement d’Avamè (commune de Tori-Bossito à 40 km de Cotonou). Un an après cet incident malheureux ayant fait 34 morts, Mme Dossou Emilienne, l’une des 105 rescapés, a du mal à reprendre une vie normale.

Pensive, Emilienne Dossou est assise sous une petite paillote trônant au milieu de sa concession. Autour d’elle, ce vendredi 28 juillet 2017, deux enfants de moins de cinq ans, qui attendent impatiemment le dîner.

Un an après le drame, elle fait le récit d’une vie misérable : « Nous continuons de subir les séquelles de ce drame. Certaines personnes sont mortes, d’autres sont brûlées au troisième degré comme moi », raconte cette dame, la mine pleine de désespoir.

Pourtant, elle remercie Dieu de l’avoir aidée à éviter le pire, parce que, explique-t-elle, des proches ont succombé suite à des blessures légères, mais elle est encore en vie malgré la vive douleur.

Dans la concession où elle vit, une dame et son enfant sont morts dans ce drame, renseigne Adrien Gnachinou, chef-village d’Avamè-Centre. La quarantaine révolue, cette vendeuse de nourriture n’a pas échappé aux représailles de l’explosion. Ses deux membres supérieurs se sont raccourcis après la cicatrisation des brûlures dont elle a été victime. Brûlée au troisième degré, sa poitrine ainsi que son menton sont à jamais marqués par les flammes. « Je suis devenue du jour au lendemain une loque humaine », se désole-t-elle, avant de préciser qu’elle entend se lancer dans le commerce des vivres au cas où elle trouvera un financement.

Selon Justin Akodjènou, une autre victime résidant au village Houndjo, on continue de s’interroger sur ce drame. Il n’y croit toujours pas. L’explosion ne lui avait laissé aucune chance. Il est brûlé de la tête au pied. Des séquelles sont visibles sur tout son corps. Il se dit très affaibli par cet incident malheureux au regard de la gravité de son cas. « Aujourd’hui, c’est grâce à mes épouses que je parviens à manger. Pour leur venir en aide, j‘arrive à faire à peine le tiers de mon travail », affirme-t-il.

Le calme après l’orage

Le chef d’arrondissement d’Avamè, Augustin Vianou, estime que le drame n’a pas pour autant changé le mode de vie des populations encore moins leur comportement. Le conseiller communal souligne que beaucoup de victimes sont aujourd’hui invalides à vie. Elles ne pourront plus jamais exercer un métier, déclare-t-il avant d’avouer que c’est ce qui explique surtout ses incessantes courses pour pouvoir les assister.

Ces deux victimes, comme la plupart, appellent l’assistance des uns et des autres afin de poursuivre avec les différents soins de santé, mais aussi pour lutter contre la faim. Concrètement, elles veulent l’accompagnement de tous, notamment celui de l’Etat, en vue de pouvoir améliorer quelque peu leurs conditions de vie totalement dégradées avec ce drame.

En effet, les victimes du drame d’Avamè représentent désormais un véritable fardeau pour la société. Les élus locaux sont régulièrement sollicités en vue de trouver des solutions idoines à leurs diverses doléances. Même la municipalité de Tori-Bossito continue de prendre en charge leurs ordonnances médicales.

Outre ce fardeau, des élus locaux et certaines structures intervenant dans le social ont pris sur eux la responsabilité de garder les enfants orphelins afin d’assurer leur éducation et insertion professionnelle.

Les chéloïdes, l’autre peste à Avamè.

À en croire Augustin Vianou, 21 personnes parmi les victimes risquent de mourir. Ces personnes, explique-t-il, sont envahies par divers types d’infections, notamment, les chéloïdes. « Il y en a qui suscitent des larmes », révèle-t-il.

Pour Fabricia Tchahounka, responsable du centre de santé de Togoudo (arrondissement d’Allada), les chéloïdes sont des tumeurs fibreuses
 bénignes de la peau. Elles (chéloïdes) se développent habituellement sur une lésion de la peau provoquée par des brûlures ou d’autres
 facteurs. Les chéloïdes se forment dans un contexte de cicatrisation anormale d'une plaie, précise-t-elle.

Elles sont fermes, surélevées, luisantes et lisses. Elles sont souvent roses ou rouges, d'une couleur beaucoup plus foncée ou plus pâle que celle de la peau adjacente. Les chéloïdes s'étendent toujours au-delà des limites de la lésion originale, parfois sur plusieurs centimètres. La couleur, la forme et les dimensions des cicatrices peuvent changer avec le temps.

À en croire cette responsable de santé, les chéloïdes ne sont prosaïquement pas douloureuses, mais elles provoquent souvent des démangeaisons. C’est le cas avec dame Emilienne Dossou. Pour prévenir les démangeaisons, elle reçoit périodiquement des injections de stéroïdes comme la triamcinolone, directement dans la cicatrice. Il s’agit là de l'un des principaux éléments de base du traitement et de la prévention de l'inflammation. « Elle a déjà fait douze injections dont l’unité coûte 4.500 francs Cfa », confirme le chef-village d’Avamè-Centre.

Avamè : retour sur le drame

Jeudi 8 septembre 2016. Fin de l’après-midi.  Des centaines de personnes se ruent vers une décharge à ciel ouvert pour récupérer des sacs de farine de blé que venait de déverser l’entreprise ‘’Ama Sarl’’.

Ironie du sort, l’entreprise avait aspergé d’essence la fosse qui venait de recevoir l’importante cargaison de farine de blé avarié avant d’y mettre le feu et de repartir.

Accourues, les populations s’attèlaient à éteindre flammes pour récupérer les sacs de farine dans le but de les revendre. C’est à ce moment précis que cinq (05) détonations semblables à des explosions de bombes ont été entendues. La déflagration provoque la débandade. Mais trop tard. Plusieurs dizaines de personnes sont prises au piège dans les flammes. On enregistrera 16 morts et 92 brûlés,

selon une source officielle (ministère de l’intérieur en 2016).   « Les gens ont vidé les champs. C’était la débandade totale. Chacun a mis son moyen de transport pour conduire les blessés vers les centres de santé de Tori-Bossito et d’ailleurs. C’était vraiment une journée de cauchemar », se souvient encore Adrien Gnachinou, le chef-village d’Avamè-Centre. C’était une surprise très désagréable, poursuit-il, avant de considérer qu’on ne peut jamais oublier ce drame.  

Quant à Hilaire Touko, chef-village de Houndjo, 21 personnes vivant dans sa concession ont péri. « Même ma femme est décédée dans le drame. Elle était partie au champ pour la récolte du maïs. Elle s’était rendue sur le site quand le pire est arrivé », raconte l’élu local.
 Même s’il se targue de condamner le directeur de l’entreprise comme le premier fautif du drame, le gouvernement béninois a pris ses responsabilités trois semaines après les faits. Des sanctions pénales ont été infligées aux acteurs clés intervenant dans le processus de l’incinération des produits avariés.

Aujourd’hui, le site est entièrement clôturé et sécurisé. Selon des recoupements, les villageois ont instruit les leurs afin qu'ils restent loin du domaine. « C’est interdit à tout le monde. Les habitudes ont changé dans le village. Les gens ne veulent même plus aller dans les champs. Certains villageois fuient le site », témoigne Hilaire Touko. Au cas où de pareilles opérations seront entreprises à Avamè, avertit l’élu local, le conseil communal opposera un refus catégorique. Commémorer ce drame, le 08 septembre prochain serait de la stigmatisation d’une franche de la population d’Avamè pense, le chef d’arrondissement avant de rassurer que le jour anniversaire de ce malheureux événement, le conseil communal aura une pensée pieuse à l’endroit de tous ceux dont la mort est liée à ce drame.

ABP/RAD/JFH


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