La richesse et les vertus du souchet dans les innovations alimentaires de la société Siaca

La richesse et les vertus du souchet dans les innovations alimentaires de la société Siaca

01-01-2012

David Fannankpo, diplômé de l’Ecole nationale d’économie appliquée et de management (ENEAM) est le directeur général de la Société d’Investissement Agricole, de Commerce et des Affaires (Siaca Sarl), une jeune entreprise qui fait de l’agrobusiness. Avec le souchet un tubercule de petite taille communément appelé "Fio" en langue Fon, il fabrique  de la farine alimentaire, du whisky, de l’huile et du biscuit ; toute une gamme de produits alimentaires sains sous le label Afrika Nature.

Par Aristide EKPANGBO


Trois question à...

David Fannankpo, diplômé de l’Ecole nationale d’économie appliquée et de management (ENEAM), est le directeur général de la Société d’Investissement Agricole, de Commerce et des Affaires (Siaca Sarl), une jeune entreprise qui fait de l’agrobusiness. Avec le souchet, un tubercule de petite taille communément appelé "Fio" en langue Fon, il fabrique  de la farine alimentaire, du whisky, de l’huile et du biscuit ; toute une gamme de produits alimentaires sains sous le label Afrika Nature.

« Nous menons nos activités suivant deux branches principales, celle de la production et celle de la commercialisation, conduites sous la direction de  Mickael Akplogan. J’assure moi-même la comptabilité, et les finances de l’entreprise. Nous sommes au total quatre à gérer l’administration, avec l’aide d’agents occasionnels, et cinq  commerciaux qui sont chargés de la distribution. Nous avons également des salariés sous contrat à durée déterminée»,  a expliqué David Fannankpo.

Débout, derrière son comptoir en béton recouvert d’un carrelage comme dans un laboratoire biomédical, tablier bien ceinturé à la taille, Mickael Akplogan, la trentaine environ, du haut de son 1,80 mètre, décrit fièrement l’organisation de la chaine de production de la  jeune entreprise créée en 2015.

 «La demande dépasse l’offre, nous avons tout le temps des commandes en attente, on ne se tourne pas les pouces, parce qu’il y a toujours à faire », confie Mickael Akplogan, avant de permettre à ses hôtes d’assister à la séance de  décorticage minutieux et de lavage du souchet.

Dans une petite pièce, des dames s’affairent à rendre propres les tubercules de souchet destinés à  la prochaine production. La préparation se fait de façon minutieuse. L’objectif est de ne laisser s’échapper aucun déchet.

« Le traitement du souchet est difficile. Pendant la récolte, de petits cailloux de même couleur se mélangent au souchet et c’est difficile de les distinguer. C’est pour cette raison que nous avons une main d’œuvre qualifiée qui fait ce travail de tri et de décorticage minutieux»,  explique Michael Akplogan.

Le souchet est lavé dans de l’eau potable avant d’être étalé sur un tapis propre. Ensuite, on le laisse sécher au soleil et à l’abri des intempéries. Après, il subit un autre séchage dans un four  industriel avant d’être moulu. Avec un bon tamis, la farine de souchet est isolée. Le son recueilli après le filtrage au tamis sert à fabriquer le biscuit qui peut être sucré ou non. 

Il y a quatre variétés de tubercules de souchet, précise Michael Akplogan. Il y a le blanc, le marron, le noir et le jaune. « Pour faire la farine, c’est le souchet marron qui est facile à manipuler parce que, contrairement aux autres, il ne contient pas beaucoup d’eau. On se sert des autres variétés pour faire la  boisson alcoolisée dénommée "Naturel whisky de souchet" et  l’huile de souchet que nous commercialisons aussi », explique-t-il.

Donner de la valeur ajoutée aux dérivés du souchet 

A en croire David Fannankpo, le souchet a été choisi comme matière première pour ses vertus. Il est très riche en fibres végétales. Celles-ci favorisent une bonne régulation de l’assimilation des graisses et des sucres. En conséquence, les produits à base de souchet aident la digestion, renforcent la flore intestinale et accélèrent le transit intestinal. La farine de souchet peut devenir l'allié santé de tous ceux qui ont des intestins fragiles.

« Le souchet a également les vertus adoucissantes d’une fécule comme l’arrow-root et le kuzu. Il est donc conseillé aux personnes souffrant de colopathies, gastrites et  d’inflammations intestinales. Il est aussi riche en antioxydants, contient de la vitamine E et de la rutine.  Il est riche en minéraux : le potassium, le calcium, le magnésium et le phosphore, mais également en acides gras essentiels.  Il a une teneur élevée en protéines (26 g pour 100 g de farine) », signale-t-on.

« Au début de notre projet d’entreprise, nous avons fait beaucoup de recherches chez les universitaires qui ont travaillé sur le souchet. En plus, nous avons constaté que les produits alimentaires qui sont sur le marché sont plus chimiques que naturels», révèle Michael Akplogan, avant de préciser  que généralement, lorsque les gens ont fini de mâcher le souchet, ils rejettent la substance la plus utile pour l’organisme humain. C’est l’une des raisons qui ont poussé l’entreprise à produire la farine de souchet afin d’aider les gens à consommer autrement ce tubercule et jouir de ses éléments nutritifs.

La farine de souchet est appelée à être consommée selon le goût de chacun. On peut la délayer avec de l’eau chaude ou plate. Il résulte de ce mélange une bouillie qui prend la consistance voulue par le consommateur en fonction de la quantité de l’eau et de la farine. On peut également composer des recettes avec d’autres farines alimentaires. La bonne preuve, témoigne Michael Akplogan, Siaca Sarl met sur le marché, entre autres, la farine de souchet au gingembre, la farine de souchet à la banane plantain.

« En ce qui concerne la boisson alcoolisée que nous avons placée sur le marché, l’idée est venue du fait que nos grands-parents avaient l’habitude de mettre le souchet et des noix de colas dans du Sodabi (alcool de fabrication artisanale à base de vin de palme) avant de le consommer. Nous avons décidé d’améliorer ce whisky fait de façon artisanale, en mettant à contribution des connaisseurs du domaine, les diplômés de l’Ecole polytechnique d’Abomey Calavi précisément ceux qui ont fait la biotechnologie. Ce qui nous a valu le premier prix de la qualité décerné par Act for development ONG», a indiqué Michael Akplogan, le responsable de la production et de la commercialisation des produits de Siaca Sarl.

Des bénéfices substantiels malgré la faiblesse des investissements

«Nous utilisons au moins 4 sacs de 50 kilogrammes par mois. S’il n’y a aucun événement particulier qui nous impose des efforts supplémentaires, en moyenne nous traitons 50 sacs par an », révèle-t-il.   « Nous avons des clients de l’intérieur comme de l’extérieur où nos produits sont déjà connus. Nous appliquons des prix qui sont vraiment à  la portée de la bourse du commun des Béninois. Nous faisons un marketing très strict ; nous n’augmentons pas les prix des produits même dans les périodes où cette matière première  se fait rare. Il est vrai que cela ne dure pas trop longtemps, ce qui nous permet de rattraper les pertes », témoigne M. Fannankpo.

Un contexte difficile  pour les petites et moyennes entreprises  

La jeune entreprise fonctionne encore sur fonds propres, ce qui fait qu’aujourd’hui, elle ne peut pas encore répondre à toutes les commandes des clients. Avant d’accéder à l’environnement bancaire, explique David Fannankpo, il faut remplir beaucoup de conditions. C’est quasiment impossible actuellement pour nous. « SIACA Sarl est obligée de produire en petite quantité afin d’espérer rentrer  dans ses fonds assez rapidement. Alors que dans ces genres de business, il faut produire beaucoup pour gagner beaucoup », déplore-t-il.

« Nous avons pensé que le FNPEEJ pouvait nous sauver de cette situation, malheureusement, on s’est adressé à cette structure au moment où elle était dans ses réformes », souligne-t-il, avant de confirmer que, pour le moment, Siaca Sarl continue de produire et de vendre :  "Nous ne sommes pas à une phase critique", a-t-il prévenu.

Afin de contourner certaines difficultés dues au manque de matériels, des partenariats sont noués avec d’autres structures. « Le four à grande chaleur calorifique qu’on utilise ne nous appartient pas ainsi que la machine qui permet d’extraire l’huile du souchet. Il s’agit d’outils qui coûtent cher et sont hors de portée, pour l’instant, de notre bourse ». 

«La machine qui permet d’extraire l’huile coûte environ un million cinq cent mille au Nigéria, le four  de séchage, pour le fabriquer au Bénin, il  faut un minimum de  700 mille francs Cfa, ce n’est pas facile pour une jeune entreprise d’investir beaucoup », avoue-t-il. Il n’a pas manqué de souligner qu’avant d’arriver à ces produits déjà commercialisés, il y a  eu beaucoup d’essais à blanc : «On n’a pas réussi du coup, chaque produit a son secret et c’est avec la persévérance qu’on a pu réussir à sortir la tête de l’eau ».

L’agrobusiness, un  domaine porteur d’avenir  

« Le secteur de l’agro-business est porteur d’avenir. Nous importons beaucoup de produits manufacturés qui ruinent notre santé parce que beaucoup de substances chimiques servent à les fabriquer », a averti David Fannankpo qui espère avec le temps augmenter sa production et élargir ses débouchés.  « Tous les produits fabriqués à base de souchet sont recherchés et ils coulent facilement sur les marchés. Donc le besoin est là quitte à nous de nous organiser pour les satisfaire et entretenir nos bonnes relations avec les consommateurs », se promet le jeune entrepreneur.

Gangondoui: la vedette d’Azovè fait grise mine

22-11-2017

Par: Cathérine AGBANOU
La galette d’arachide appelée ‘’Gangondoui’’  en milieu adja...
Revue de presse

Les fruits de la visite de Michaëlle Jean et la révocation du capitaine Patrice Trékpo en bonne place dans les quotidiens

15-12-2017
Cotonou, 15 Déc. (ABP)- La visite de la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean et la révocation du capitaine Patrice Trékpo retiennent l’attention dans les quotidiens parvenus à...
Agro-business
Opinion

Mon plaidoyer pour le retour aux valeurs morales

20-11-2017

Par: Marcel HOUNNOU
Certains comportements en cours dans notre société m'ont inspiré à publier ce message sous la forme d'un coup de...
Publicité

Voyages
Navires

Create Account



Chers internautes et fidèles partenaires,
En raison de la migration en cours vers une plate-forme entièrement rénovée et plus moderne, des perturbations s’observent actuellement sur le site web de l’Agence Bénin Presse (ABP).
La Direction Générale vous présente ses sincères excuses pour les désagréments subis et vous rassure que des dispositions idoines sont prises afin que la situation se rétablisse dans les heures à venir.
Agence Bénin Presse, Leader de l’information des régions