Leader dans le miel à Savalou

Leader dans le miel à Savalou

01-01-2012

Raïmi Soumanou, sociologue de  formation, est directeur général de KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL, une jeune  entreprise qui fait de l’agrobusiness, la production du miel et du savon à  Savalou. Il déborde d'ambitions malgré les difficultés auxquelles il fait face  chaque jour.


Trois question à...

Par Eric GBEMAVO

Selon son géniteur, KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL a pris corps véritablement en 2009 dans l’informel avant d'être, désormais, à jour vis- à- vis des textes en vigueur au Bénin depuis 2015. C’est la toute première entreprise locale qui s’est spécialisée en apiculture à Savalou. Elle compte pour le moment, deux départements : celui de l’apiculture qui produit une gamme variée de miel (miel cajou, miel eucalyptus, miel mille fleurs, miel moringa) et le département de la savonnerie qui met sur le marché plusieurs gammes de savon (savon neem et neem au miel).

Chaque département est dirigé par un responsable dont "la mission est de mettre en œuvre la politique économique de l’entreprise pour parvenir aux objectifs fixés annuellement ‘’, précise le promoteur qui ajoute qu'il y a une planification annuelle déclinée par trimestre, par mois et par semaine, au sein de l'entreprise. "Chaque département a donc des objectifs à atteindre par semaine, par mois, par trimestre et par an’’, confie Raïmi Soumanou.

Le produit est disponible dans les ruches d’avril à juin (la grande saison) et d’août à septembre, (la petite saison). "Mais l’offre ne comble pas encore la demande", regrette Raïmi Soumanou.
 Pour combler le déficit, en plus du miel de son rucher, Raïmi Soumanou s’approvisionne en miel auprès d’un réseau de fournisseurs qu'il a dû mettre en place.

Ce réseau est composé à ce jour, de 132 apiculteurs identifiés et formés qui disposent, en moyenne, de onze ruches chacun. ‘’ Les paysans que j’ai formés, que j’ai équipés et que je suis, à l’heure de la récolte, je leur rachète le miel qu'à mon tour, je transforme’’. C’est ainsi qu’il explique sa stratégie pour contourner cet obstacle.

 "Par transformation, comprenons la mise au propre du miel, son filtrage et sa mise à maturation, sa mise en pots avant sa mise sur le marché’’, explique-t-il. Pour produire le miel, les abeilles prélèvent le nectar des fleurs des plantes qu’elles bitunent. Le miel produit prend le nom de la plante d’où provient le nectar. C’est ce qui justifie les différents noms attribués au produit final, miel de cajou, miel d’eucalyptus etc.

La production locale est toujours insuffisante

Depuis 2014, la production annuelle du réseau est évaluée à 1 tonne 100 litres. Elle est en deçà des besoins des partenaires, ce qui n’est pas du goût des responsables de l’entreprise. ’’Il y a un partenaire burkinabé qui a pris contact avec moi et qui a conditionné sa venue à la possibilité de trouver au minimum 5 tonnes de miel’’, se désole le directeur général de KRS ESSOR COLLINES.

L’ambition de Raïmi Soumanou est de "faire en sorte que Savalou, avec tous ses apiculteurs, puisse produire entre 7 et 10 tonnes l’année au minimum pour être présente sur de grands marchés’’. En cas de grosses commandes, il fait recours à de la main d’œuvre occasionnelle.

La concrétisation de cette ambition rencontre malheureusement divers obstacles. L’entrepreneur évoque, entre autres, "l’accès difficile au foncier pour les jeunes désireux d’entreprendre dans le secteur". Pour lui, la grande partie des terres disponibles est déjà acquise par des personnalités qui ne les exploitent même pas. ‘’Moi j’ai mis trois ans pour trouver 10 hectares en un domaine afin d’installer un rucher moderne’’ témoigne-t-il. Or ‘’le miel devient plus rentable quand on le produit en quantité et ce n’est pas l’affaire d’une seule personne’’, reconnaît-il. "La situation crée donc un important manque à gagner pour la filière, si elle n'est pas vite inversée", prévient le sociologue reconverti entrepreneur.

L’autre difficulté que rencontre l’activité, c’est le manque de financement. Aucune banque agricole, déplore M. Soumanou, n’accepte accompagner les jeunes entrepreneurs désireux de s’investir dans cette activité qui nécessite assez d’investissements, renseigne-t-il. ’’ J’ai ouvert un compte dans une institution de micro-finance, que je mouvemente assez bien au point où le chef d’agence m'a proposé leurs services d'octroi de crédit. Malheureusement, dès qu'il a su que j'étais dans l’apiculture, il m'a signifié qu’ils n’ont de ligne de crédit que pour le commerce", étaye le responsable de KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL dont le circuit de distribution des produits est encore embryonnaire.

Vendus à son domicile et dans certains points de vente à Savalou, Dassa, Bohicon et Cotonou, le promoteur de KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL entend ainsi rendre ses produits disponibles dans d’autres communes du pays voire les exporter.

En dépit des difficultés, investir dans l’apiculture, c’est investir dans l’avenir parce que les abeilles sont en train de mourir en Europe et donc aujourd’hui, l’Afrique constitue une terre d’espoir. Les investisseurs ne perdent rien en venant financer les petits apiculteurs à s’installer, rassure-t-il.

L’exemple est donné par lui-même qui accepte de former gratuitement des jeunes dans son unité de production : ‘’C’est vrai que le savoir s’achète. Moi je l’ai déjà acheté et je suis prêt à le donner à n’importe qui pourvu que la personne respecte juste les exigences du travail.

Si ces jeunes entrent dans la production, cela va nous permettre d’atteindre les 10 tonnes’’, conclut-il.

Une chaîne de valeur ajoutée  

Les deux chefs départements ‘’recrutés, déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale, puis rémunérés mensuellement et les apiculteurs sont aux premiers rangs des bénéficiaires. "Avant l'avènement de mon entreprise, les producteurs cédaient le miel à crédit, à 600f le litre dans les villages. Désormais ils sont gratuitement formés pour un meilleur rendement, puis équipés par mes propres moyens, me vendent le litre à 1500 f, payés au comptant", renseigne Raïmi Soumanou.   Mieux, ajoute- il, plusieurs catégories d’artisans interviennent dans la fabrication des équipements utilisés par KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL. Le directeur général pense que "c'est aussi de l’argent que son entreprise injecte ainsi dans l’économie locale et nationale".

La savonnerie, l'autre trouvaille 

La savonnerie à KRS ESSOR COLLINES est une activité secondaire. Pour Raïmi Soumanou, le savon est un dérivé du miel. Le type de miel produit est utilisé pour avoir le type de savon correspondant ; le savon fabriqué lui aussi contient les vertus du miel utilisé. ‘’ Nous avons décidé de proposer ces produits aux clients afin de valoriser le miel et montrer à tous les nombreuses transformations que l'on peut faire avec le miel’’, s'est vanté le patron de KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL.

 La production du miel et du savon par KRS ESSOR COLLINES est une activité rentable qui peut parfaitement nourrir son homme. Les preuves, "en 2016 nous avons fait un chiffre d’affaires de 5 millions de francs Cfa. Au mois de juin 2017, nous avons déjà atteint 3 millions et nous sommes certains de faire mieux", témoigne Raïmi Soumanou.


 Bientôt cap sur la production de l’énergie  

Les projets futurs de KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL sont déjà plus ou moins clairs aux dires de son numéro un. À moyen terme, un troisième département consacré à l’énergie sera mis en service. Ce département va produire de l’huile végétale à base du jatropha pour tourner les moteurs diesels. ‘’

Nous avons surtout pensé aux localités où même dans dix ans, il n’y aura pas d'énergie quels que soient les dirigeants qui vont se succéder à la tête du pays’’, se montre catégorique Raïmi Soumanou qui informe au sujet de ce projet que "les plans de jatropha sont déjà en expérimentation. Ses graines seront distribuées aux paysans pour une vulgarisation. Si ça prend bien, M. Soumanou à sa petite idée : "Je laisserai la production du miel et celle du savon aux jeunes pour me concentrer sur la production de l’huile du jatropha que je revendrai à ces jeunes pour la fabrication du savon’’.

En dehors de l’énergie, KRS ESSOR COLLINES INTERNATIONAL veut disposer de sa propre usine de production de miel en 2019 au plus tard afin de travailler pour la certification de ses produits. Ce sera une installation moderne capable de répondre aux normes exigées pour obtenir une certification. Elle permet aussi de booster sa productivité, ce que ne favorisent pas les équipements mécaniques utilisés aujourd’hui pour la transformation des produits.    

Au Bénin, il est difficile de nourrir voire soigner les abeilles en vue de les rendre plus productrices. À l’issue des réflexions, une solution a été trouvé :’’ Nous travaillons pour rendre disponibles les fleurs de sorte que les abeilles puissent travailler à plein temps pour donner du miel en plein temps", a promis Raïmi Soumanou.

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