"Le RNA vise à poser les bases d’une gouvernance stratégique responsable et durable du secteur agricole pour le développement du Bénin" dixit Abdoulaye Chabi Issa Chabi

"Le RNA vise à poser les bases d’une gouvernance stratégique responsable et durable du secteur agricole pour le développement du Bénin" dixit Abdoulaye Chabi Issa Chabi


Djougou, 1er Déc.2018 (ABP)-Le recensement national de l’agriculture (RNA) est entré dans sa phase active depuis lundi 26 novembre 2018 avec la formation sur toute l’étendue du territoire nationale, des agents cartographes et énumérateurs. Pour mener à bien cette opération, l’ingénieur agronome Abdoulaye Chabi Issa Chabi, directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (DDAEP) de la Donga, en qualité du président du bureau départemental a communiqué et sensibilisé autour du RNA, à la faveur d’un point de presse, accordé aux médias de la place.

Que peut-on comprendre du RNA ?

Selon Abdoulaye Chabi Issa Chabi, le recensement national de l’agriculture, est une opération qui vise à poser les bases d’une gouvernance stratégique responsable et durable du secteur agricole pour le développement du Bénin. A l’en croire, cette vaste opération statistique couvrant l’ensemble du pays, consiste à collecter, traiter et diffuser des données structurelles quantitatives et qualitatives sur le secteur agricole. Aux dires de cette autorité, les données sont collectées directement auprès des exploitations agricoles. Institué par décret N°2018-073 du 12 mars 2018, souligne-t-il, le RNA est un projet prioritaire du programme d’action du gouvernement (PAG), qui prend aussi en compte le département de la Donga et ses différentes communes (Djougou, Ouaké, Copargo et Bassila). « Il nous permettra de révéler le secteur agricole béninois aux béninois et au monde entier », a martelé l’ingénieur avant de préciser que,  « c’est avec le RNA que nous aurons une idée claire du nombre d’exploitants agricoles au niveau de nos départements et de notre pays ».

Le RNA : Une opération à multiples utilités

L’une de ses utilités, informe le spécialiste, c’est d’indiquer avec précisions les lieux où se trouvent ces exploitants, leur statut juridique, leurs systèmes de productions (les combinaisons des inputs pour produire les outputs). Mieux, explique-t-il, ce recensement permettra de connaitre la taille des exploitants, le nombre d’actifs agricoles, les superficies des différentes cultures pratiquées au Bénin.

Cela permettra de connaitre les répartitions de ces exploitants agricoles dans les sept pôles de développement agricole créés par le gouvernement, les pratiques agricoles, a soutenu le président du bureau départemental de cette opération dans la Donga. Plus loin, détaille-t-il, ce recensement va fournir également des analyses approfondies sur le rôle des femmes, des enfants et des personnes âgées dans l’agriculture, les pertes post-récoltes, les stocks alimentaires sur les exploitations, la commercialisation, la consommation et la transformation des produits agricoles.

« En clair, le RNA permettra à notre pays de disposer d’une base de données fiables pour relever notre agriculture à tous les niveaux et à l’extérieur, le Bénin et notre agriculture seront révélés », a affirmé le DDAEP. Il a ajouté qu’une fois la base de données est fiable, cela permettra de formuler des projets et programmes tenant compte des réalités des différents départements du Bénin.

Parlant toujours des utilités de cette activité, le directeur affirme que les mairies pourront, à base de ces données, mener aussi des actions concrètes en direction des populations productrices, transformatrices et commerçantes.

Le RNA, comme un outil de  développement

« Le développement est d’abord personnel, individuel avant d’être national », a affirmé Abdoulaye Chabi Issa Chabi. Et puisqu’au niveau national, notre population est à plus de 70% agricole, le RNA est fait d’abord pour cette population, a-t-il soutenu, justifiant que, selon ses analyses, le producteur pourra mieux orienter ses dépenses dans les différentes spéculations agricoles. « Désormais, si on finit de doter notre pays de cette base de données, l’on saura qu’elles sont à peu près les valeurs ajoutées au niveau des différents maillons de spéculations », a laissé entendre l’ingénieur. A l’en croire, le paysan pourra donc opérer des choix à partir donc des données disponibles et connaitra réellement sa productivité, son rendement et ses différentes productions pour orienter ses produits vers les marchés d’écoulement. « Aujourd’hui, chacun se débrouille pour faire ce qu’il faut, mais avec les pôles de développement agricole, il va falloir construire des clusters et pour le faire, il faut qu’on puisse savoir ce que chaque paysan fait en matière de production, de productivité et de rendement », a-t-il indiqué.  Pour lui, les paysans ont donc intérêts à le savoir également afin de pouvoir opérer un choix par rapport aux marchés d’écoulement. Le paysan, ajoute l’agronome, une fois que ce travail sera terminé, verra l’importance de tout ce qu’il fait et pourra éviter donc les pertes post-récoltes. « Au lieu de perdre 40 à 50% de sa production du fait qu’il ne respecte pas les itinéraires techniques de production, le paquet technique et technologique de certaines spéculations, le paysan pourra enfin opérer un bon choix et mieux produire pour le marché », a démontré clairement l’agronome. Mieux, dit-il, le producteur pourra également connaître ses stocks et savoir à qui les vendre. Par ailleurs, révèle-t-il, les paysans vont se retrouver désormais dans les chaines de valeurs ajoutées et seront bien suivis et contrôlés. Il y aura en plus de la productivité l’équité (le paysan pourra savoir comment placer ses produits, à qui les placer et à bon prix).

« Le RNA est un vrai outil de développement pour l’Etat, les communes, les partenaires techniques et financiers et également des acteurs non-étatiques (ONG) », a-t-il clamé.  Pour le technicien en agronomie, le Bénin doit être compétitifs aussi bien sur le plan régional qu’international. Et pour qu’il en soit ainsi, « on doit connaitre ce que nous faisons, comment nous le faisons et quelle est la valeur ajoutée que nous dégageons à travers chaque spéculation, que ce soit par rapport à une chaîne de valeur de transformation, à une chaîne de production ou de commercialisation », a-t-il laissé entendre.

Au terme de ce recensement, les maires pourront mieux programmer le développement au niveau de leurs communes.

 

Le RNA, c’est aussi plusieurs emplois créés

Pour la première phase de cette opération, dira le directeur départemental, plus de 5.600 agents recenseurs, 1.200 agents cartographes, 1.400 contrôleurs, 27 coordonnateurs de zone seront recrutés. Et lors de la phase des modules complémentaires, c’est plus de 400 agents enquêteurs, 300 contrôleurs qui seront sollicités.  Au niveau départemental, il est prévu dans la Donga, le recrutement d’environ 600 personnes, a-t-il précisé avant d’ajouter que dans ce département 155 agents cartographes et énumérateurs uniquement des jeunes issues des quatre communes sont déjà formés. Pendant qu’ils seront déployés sur le terrain pour les travaux, 425 enquêteurs vont suivre aussi une formation toujours pour le compte de la Donga, a expliqué le DDAEP/Donga.

Ces différents hommes et femmes recrutés à titre temporaire et connaissant bien le monde agricole en général et la zone géographique dans laquelle ils seront déployés, partiront à la rencontre des agriculteurs, des élus locaux à leurs domiciles, pour remplir avec eux les questionnaires de la première phase de l’opération, a indiqué le président du comité départemental. « Comme tout le personnel de la statistique agricole, ces agents recrutés sont astreints au secret professionnel absolu sous peine de sanction pénale », a-t-il insisté avant de rappeler que ce personnel occasionnel sera encadré et suivi sur le terrain par plus de 200 cadres du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche et du ministère du plan et du développement (MPD) ayant une expérience avérée en conduite de recensement agricole.

Quelles sont les grandes phases du RNA ?

Aux dires du président du bureau départemental de ce vaste recensement, il sera réalisé en deux grandes phases sur une période de trente-six (36) mois à partir de la campagne agricole 2018-2019. Avec une approche modulaire pour prendre en compte les spécificités de l’agriculture béninoise et les lignes directives du programme mondial du recensement de l’agriculture 2020 de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), informe-t-on, cette opération est répartie en deux modules. Il s’agit du module de base et des modules complémentaires.

La première étape qui consiste en un dénombrement exhaustif des ménages, porte sur un nombre restreint de rubriques, a clarifié Issa Chabi. Il a expliqué par ailleurs, que cette étape permettra de disposer au niveau des unités administratives, des données clés, sur la structure organisationnelle des exploitations agricoles, notamment sur la taille des exploitations, les utilisations des terres, les modes de faire-valoir. Ce module, apprend-t-on, va permettre aussi de connaitre l’effectif du cheptel, l’utilisation des machines agricoles et le nombre d’exploitations pratiquant chaque type de cultures, d’élevage et de pêche.

Quant aux modules complémentaires, il sera question d’effectuer par sondage, immédiatement après le module de base, pour fournir des données structurelles plus détaillées ou des données, qui ne sont pas nécessaires au niveau des plus petites unités administratives, notamment les cultures végétales, l’élevage, la pêche, l’aquaculture , l’horticulture , la population agricole , le suivi des indicateurs des objectifs pour le développement durable (ODD), a annoncé le DDAEP. A cet effet, poursuit-il, plusieurs enquêtes spécifiques seront réalisées sur les rendements et productions des cultures annuelles et pérennes, le maraîchage et la production de contre saison, la pêche continentale et maritime ainsi que la production aquacole. Cette 2ème phase, fait-il savoir, va se pencher également sur la production animale, le compte d’exploitation, les revenus agricoles, les stocks et pertes post-récoltes, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, les mesures et l’analyse de la pauvreté des ménages agricoles.

Qu’elles attitudes doivent adopter les populations pour la réussite de cette vaste opération ?

« Vu l’utilité et l’importance du RNA, il est nécessaire d’inviter toutes les populations des communes de la Donga et du Bénin en général, à se mobiliser comme un seul homme autour de cette activité », a souhaité le président Issa Chabi.   Selon lui, il faut que ces populations réservent des accueils chaleureux aux agents pour que les données qui seront collectées soient fiables, exploitables permettant non seulement de se doter de cette base, mais d’élaborer aussi, des projets et programmes de développement qu’il faut pour sécuriser l’alimentation des populations.  Cela va permettre également à l’Etat, de pouvoir assumer pour ces populations, le revenu alimentaire afin de satisfaire les besoins alimentaires et non alimentaires, a-t-il conclu.


ABP/BYS/CG
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