Mausolée du Président Kouandété, un site mal exploité

Mausolée du Président Kouandété, un site mal exploité


Natitingou, 30 Juil.2021 (ABP) - « Nous ne pouvons pas nous opposer à ce que la mairie fasse du mausolée de notre père un site touristique, il suffit qu’elle ait des objectifs de commun accord avec la famille », a confié jeudi, Eric Kouandété, fils de l’ancien président de la République du Dahomey, Maurice Kouandété, dans un entretien accordé à l’Agence Bénin Presse.

Le mausolée de feu président de la République du Dahomey, Iropa Maurice Kouandété, est érigé dans un vaste domaine familial non loin de l’évêché de Natitingou, dans le quartier Kantaborifa, à quelques 100 mètres de la voie inter-état qui traverse la ville. Donc en plein cœur de la cité des nantos. Pourtant, il est presque invisible et même méconnu du grand nombre, surtout la jeune génération. Son portail en barre de fer rouillé rabattu et tenu par deux poteaux en béton, et une rue herbeuse, illustrent parfaitement le fait que le mausolée est très peu fréquenté.

Ce jeudi matin, vêtu d’un t-shirt couleur cendre tacheté de blanc et d’une culotte blanche, Eric Kouandété, sourire aux lèvres, nous accueille sur la véranda du mausolée. Loin de l’aspect herbeux de ses alentours, l’intérieur du mausolée inspire propreté. Comme l’extérieur, l’intérieur du mausolée est peint en blanc, des carreaux d’un éclat impressionnant couvrent le sol et la large tombe du parachutiste et celle de son épouse, avec une bougie qui fond, à leur chevet. Sur le mur, des photos de l’homme qui fut président de la République du Dahomey les 20 et 21 décembre 1967 et du 10 au 13 décembre 1969 et de son épouse sont accrochées.

« C’était une tombe simple et quand la maman est décédée on l’a enterrée à côté, avant de fusionner les deux tombes à travers cette construction en carreau », explique le fils ainé de l’ancien président. Avec joie, il évoque d’ailleurs le sentiment de fierté qui l’anime à chaque fois qu’il vient en ces lieux. « A chaque fois que je me retrouve devant les tombes de mes deux parents, je suis fier d’eux par rapport à ce qu’ils ont fait de moi personnellement et de ce qu’ils ont fait pour leur ville natale, notamment, pour avoir participé à son développement », soutient Eric Kouandété. Une fierté qui, selon lui, doit être partagée par les populations et les touristes.

La famille appelle le gouvernement  à en faire un site touristique

« Je ne peux pas dire que c’est inscrit dans le patrimoine touristique de la commune. Ce que je sais c’est qu’à un moment donné, il y a une commission interministérielle qui est venue recenser les tombes et monuments au niveau de chaque commune, mais depuis lors nous n’avons plus eu de suite », confie Eric, avec un pincement au cœur.

A l’en croire, seule la famille s’investit pour entretenir le mausolée parce que c’est l’endroit où sont enterrés les parents. « Au départ on a construit le mausolée dans la perspective par exemple d’un éclairage public, mais rien n’a été fait jusqu’à présent. Nous supportons toujours notre compteur, alors que pour les services rendus à la commune, pour ne pas dire à la Nation, tout au moins un éclairage public, pas forcément pour Kouandété seul, mais pour les autres anciens présidents », estime l’exploitant agricole.

Il a aussi rassuré du fait que la famille Kouandété soit disposée à accompagner toutes initiatives de la mairie de Natitingou ou du gouvernement à faire de ce lieu un site touristique ou un parc d’attraction, afin de faire connaitre aux touristes, à l’actuelle jeune génération et celle future, celui qui y repose. « Si la mairie veut faire de ce mausolée un site touristique, on ne peut pas dire non. Il suffit que la mairie ait des objectifs de commun en accord avec la famille », précise-t-il.

D’ailleurs, confie Eric Kouandété, j’avais cru un instant que c’était la dynamique du gouvernement en mettant sur pied entre temps une commission interministérielle. « Aujourd’hui si l’Etat manifestait le désir d’apporter une aide quelque qu’elle soit pour permettre aux gens de connaitre qui a été celui qui est enterré ici, nous, nous allons faire de notre mieux pour qu’il y ait une bonne image de notre père », promet le fils.

Des souvenir encore vivaces 

Entre la rigueur disciplinaire et l’humilité ancrées en eux, Eric Kouandété, admire encore les valeurs de son père, notamment sa quête permanente de justice pour les opprimés. « Le souvenir que je garde de mon père, est qu’il nous a ancré la discipline et l’humilité. Ensuite il a été un défenseur de toute personne maltraitée, que tu sois du nord, du sud ou du centre, lorsque tu venais te plaindre auprès de lui, sa réaction était de défendre ta cause, mais il prenait le soin de te dire, je vais te défendre si tu as raison mais au cas contraire tu vas subir les conséquences. Alors il a toujours aidé les gens sans distinction d’ethnie et c’est ça qui faisait qu’on disait qu’il était trop rigoureux, on lui a donné tous les attributs possibles », rappelle le fils.

Avec modestie, il évoque également l’engagement de son père au sein du comité des sages et notables de Natitingou, qu’il présidait. « Après sa retraite il s’est retiré ici dans la ville de Natitingou où il a pris les rênes du comité des sages et notables de Natitingou, avec pour défi de contribuer au développement de la ville. Je me rappelle d’ailleurs que c’est sur son initiative que la voie est passée en double voie, alors que beaucoup n’était pas d’accord. Il a fallu sa lutte pour qu’on puisse récupérer le domaine de la Société des Transports de l’Atacora (STA), qui permet aujourd’hui d’abriter le lycée de jeunes filles de Natitingou, ici à Kantaborifa. Des gens plus habiletés du comité, notamment, Joseph Koagré et le général N’dah, peuvent témoigner », martèle-t-il.

Par ailleurs, Eric Kouandété appelle les fils et filles de Natitingou, à l’union et à la solidarité, pour le développement de leur ville natale. « Je demande aux fils et filles de Natitingou, surtout les jeunes d’être soudés, parce que c’est ce qui nous manque, pour permettre le développement », insiste-t-il

Pour rappel, Iropa Maurice Kouandété, est né à Natitingou le 22 septembre 1932. Colonel de l’armée béninoise, il a marqué l’histoire politique du Bénin, avant de mourir  le 07 avril 2003, à Natitingou, sa ville natale.

                  


ABP/IM/CG

Les enfants, esclaves et victimes de la production cotonnière dans l’Atacora

23-06-2021

Par: Moutarou IDRISSOU
La lutte contre le trafic des enfants, se heurte à des pratiques profondément ancrées...
Revue de presse

Le nombre de partis politiques enregistrés actuellement au Bénin, dévoilé

10-08-2021
Cotonou, 10 Août. 2021 (ABP) - Le dénombrement des partis politiques actuellement enregistrés au Bénin et l’évolution de l’affaire Alexandre Hountondji et Joseph Tamègnon contre la Criet, sont les sujets...
Agro-business
Opinion

Patrice Talon : Le triomphe par la vérité et le bilan (Par Joseph Vodounon Djodo)

29-11-2020

Par: Joseph VODOUNON DJODO
Si dans la civilisation universelle, la vérité est célébrée comme une vertu, il n’en demeure pas moins vrai que...
Publicité

Voyages
Navires

Create Account



Chers internautes et fidèles partenaires,
En raison de la migration en cours vers une plate-forme entièrement rénovée et plus moderne, des perturbations s’observent actuellement sur le site web de l’Agence Bénin Presse (ABP).
La Direction Générale vous présente ses sincères excuses pour les désagréments subis et vous rassure que des dispositions idoines sont prises afin que la situation se rétablisse dans les heures à venir.
Agence Bénin Presse, Leader de l’information des régions